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Confessions d'un dégénéré (suite)

De mon enfance je n'ai gardé que très peu de bon souvenirs. J'étais un petit garçon timide, je prenais rarement la parole. Dans la cour de récréé je me retrouvais souvent seul. Je m'asseyais dans un coin isolé et contemplais mes pied. Je rêvais de ma mère heureuse, de mon pères, de mes frères et sœurs imaginaires. Je rêvais de moi en petit garçon épanoui et sociable à qui sa mère préparait de magnifiques goutés. Je me transformais en leader, celui que l'on aimait, que l'on regardait.
Lorsque la sonnerie retentissaient tous mes espoirs s'envolaient et je retournais tête baissé vers ma salle de classe. Mes camarades riaient, jouaient, moi je restais inerte, enfermé dans ma bulle, dans mes pensés et ma timidité attendant patiemment que l'instituteur ouvre la porte. Lorsque le professeur posait une question mon cœur accélérait. Ma tête disparaissait dans mes épaules et je priais tous les dieux inimaginables pour ne pas être interrogé. Parfois le destin me choisissait, je sortais discrètement ma tête de mes épaules et sans regarder mon enseignant je bafouillais une réponse, la classe riaient, parfois l'instituteur lui aussi se moquait. Les professeurs m'appelaient la tortue ou l'autruche, surnom bien entendu repris par mes camarades qui ne rataient aucunes occasions. Ils tournoyaient autour de moi tout en répétant ces gentils petits noms. J'étais un enfant sentimentale, je fondais souvent en larme et les moqueries me blessaient énormément et me renfermaient toujours un peu plus sur moi même. N'acceptant aucunes critiques je me battais. La rage me rendait plus fort.
En grandissant les combats devenaient de plus en plus violents. A l'age de douze ans un conflit contre deux camarades éclata dans les toilettes du collège. Le premier se prit deux coups de poings dans la figure. Le second alors qu'il essayait de viser mes bijoux de famille reçu un coup de tête et se fracassa le crâne contre le carrelage. Il ne bougeait plus, un visqueux liquide rouge coulait le long du sol. Je couru, paniqué, prévenir les professeurs. Les pompiers l'amenèrent à l'hôpital. Le lendemain j'appris qu'il était dans le coma, mes camarades me traitaient d'assassin. Je resterais toute la journée seul dans un coin de la cour, à pleurer toutes les larmes de mon corps. Quelques jours plus tard alors que j'avais perdu tout espoir, il se réveilla sans aucunes séquelles. Un mois après cette mésaventure nous étions les meilleurs amis du monde.
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